El domingo cuando todo cambió en este pasillo

J’ai commencé à connaître les prénoms. Lucette qui ne supportait pas qu’on dise du mal des poireaux. René qui parlait rarement mais savait encore siffler parfaitement. Hélène qui demandait chaque semaine si c’était bien moi « le garçon du couloir ».

« Oui », répondait Suzanne avant moi. « Et il est prié de le rester. »
La lettre

Un après-midi, Madeleine m’a demandé un service. Nous étions restés seuls quelques minutes pendant que Suzanne faisait la sieste et qu’André cherchait ses lunettes qu’il avait sur le nez.

« Est-ce que vous pourriez m’aider à écrire une lettre ? » a-t-elle demandé. Sa voix était calme, mais ses doigts tremblaient un peu.

« Bien sûr. À qui ? »

Elle a regardé la fenêtre, puis a répondu :

« À ma fille. Pas pour lui reprocher quoi que ce soit. Surtout pas. Juste… pour lui dire que j’aimerais la voir quand elle pourra. Et que je vais bien les dimanches. »

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