El domingo cuando todo cambió en este pasillo

Je n’ai rien répondu. Mamie Suzanne m’a regardé droit dans les yeux.

« Dimanche prochain », a-t-elle dit, « tu apporteras deux parts de gâteau. »

J’ai hoché la tête. Et cette fois, je savais très bien pourquoi.

 
Le dimanche suivant

Le dimanche suivant, je suis revenu dans le mauvais couloir exprès — avec deux parts de gâteau et une promesse à tenir. Cette fois, je n’étais pas en retard. J’avais même dix minutes d’avance, ce qui ne m’arrive presque jamais.

Dans mes mains, je tenais une boîte en carton nouée avec une ficelle rouge. Un fraisier, pas trop gros, parce que Mamie Suzanne m’avait toujours dit qu’un gâteau partagé à trois valait mieux qu’un grand gâteau mangé sans envie.

Quand je suis entré dans sa chambre, elle m’attendait déjà. Pas dans son lit, comme d’habitude. Dans son fauteuil, coiffée, un peu parfumée, avec son gilet beige et un collier qu’elle ne mettait que « pour les visites qui comptent ».

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